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Enseignantes et enseignants des travailleurs essentiels !

La grève des enseignants lancée en cette période particulièrement troublée en raison de la crise sanitaire qui n’en finit pas de perturber la vie quotidienne des citoyens témoigne d’un profond mal-être qui frappe cette catégorie de travailleurs, ô combien essentielle.

L’insuffisance des réponses des pouvoirs publics aux revendications des enseignants est aussi un révélateur de la situation financière inextricable dans laquelle se trouvent les pouvoirs organisateurs que sont les Provinces et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle démontre l’aberration institutionnelle que les multiples bricolages politiciens ont créée au fil des multiples réformes institutionnelles qui, au lieu de simplifier les institutions et de les doter de moyens suffisants, les ont complexifiées sans leur accorder de moyens pérennes. Aujourd’hui, les vénérables Provinces sont exsangues, doivent renoncer à des services et ne remplacent pas leur personnel. Quant-à la « Communauté française », elle est un pouvoir sans moyens propres qui dépend des régions wallonne et bruxelloise, elles-mêmes en difficultés financières, pour gérer l’enseignement et la culture qui sont entre autres ses principales compétences des subventions.

Il est temps que la gauche se penche sérieusement sur le contenu d’une prochaine réforme de l’Etat dont le spectre ne manquera pas de se profiler dans la perspective d’une prochaine législature.

Mais restons à la question d’actualité que pose le légitime mouvement de colère des enseignants.

L’état de dégradation progressive du métier d’enseignant laisse augurer d’un changement insidieux (de moins en moins !) dans le rapport avec l’enseignement lui-même. Car, en même temps que se pose la question de quelle société se profile avec le développement de l’e-commerce ?, maladroitement soulevée, l’autre jour, par le Président du PS, Paul Magnette, il serait opportun de s’interroger sur les risques patents que fait courir une course de plus en plus inquiétante vers l’e-enseignement.

On ne peut pas faire, dans la situation de crise que nous vivons aujourd’hui, l’économie d’une profonde réflexion sur cette perspective dont les bases sont déjà jetées. Nous sommes en retard, donc précipitons l’accès au numérique coûte que coûte, entend-on. Acceptera-t-on dès lors que l’on remplace les enseignant-e-s par des ordinateurs programmés par les multinationales de l’informatique et accompagnés par des coaches comme substituts des pédagogues ? Ce n’est pas de la fiction, le Pacte d’excellence n’a-t-il pas déjà été piloté par le consultant de Mac Kinsey ?

C’est aussi une réflexion que la gauche doit affronter et moucher l’histrion du MR, car il n’est évidemment pas question d’en revenir au XIXème, ni même au XXème siècle. Mais la question fondamentale est de savoir si les femmes et les hommes de demain seront encore des citoyen-ne-s critiques et cultivés ou bien des consommateurs, dociles et serviles sujets du capital ?

Pour qu’il n’en soit pas ainsi, oui les enseignantes et les enseignants sont toujours des travailleuses et des travailleurs essentiels !

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