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À propos de l’accord wallon pour relancer la Wallonie

On aimerait tellement y croire.

Un nouveau plan de relance vient d’être adopté par le gouvernement wallon et les partenaires sociaux. Il survient à un moment où la brasse des milliards prend les allures étourdissantes d’un cyclone : milliard « covid », milliard « inondations », milliard « armée », milliard « Ukraine et ses réfugiés », milliard « climat »,…

Si l’on comprend bien, ce nouveau plan serait en quelque sorte une restructuration, une refonte… de plans antérieurs ? «  Pour renforcer la cohérence du plan et décloisonner les projets, ce qui nous a imposé de dépasser nos divergences », déclare le responsable de la FGTB wallonne ; « en identifiant unanimement les priorités », se réjouit l’administrateur-délégué de l’Union Wallonne des Entreprises.

On aimerait vraiment y croire.

Les priorités sur lesquelles les partenaires se sont accordés sont certes pertinentes : sortie de la précarité (emploi, logement public, prévention de la santé), politique économique et industrielle accompagnée de projets liés à l’indépendance et à la transition énergétique et formation. Leur coût s’élève à quelques 2,5 milliards dégagés de l’enveloppe initiale, selon Le Soir. Ce plan serait, d’après ses initiateurs, celui de la dernière chance. Et il est vrai que les finances publiques wallonnes sont loin d’être resplendissantes. Le budget wallon pour 2022 enregistre 15,509 milliards d’euros de recettes pour 19,643 milliards de dépenses. D’où  un solde brut à financer de 4,135 milliards. Or, la dette wallonne avoisine les 30 milliards et plus de 600 millions annuels de charges d’intérêts[1]. Ce sont là de bien sombres perspectives pour l’avenir. Et pourtant, la Wallonie a grand besoin d’investissements publics.

Mais la valse à milliards, c’est beaucoup plus troublant aurait pu chanter Jacques Brel. Où va-t-on trouver cet argent ? Au niveau européen ? C’est vrai que l’Union européenne dispose d’une manne appréciable pour lutter pour « l’après-covid », mais c’était avant la crise ukrainienne et l’exode de centaines de milliers de réfugiés… Cette crise ukrainienne et les sanctions économiques et financières portées à la Russie et à  ses oligarques proches de Poutine ont révélé que le système de messagerie électronique interbancaire SWIFT permettait de bloquer les actifs et les transactions liées à certains comptes bancaires. Pourquoi ce système ne pourrait-il être utilisé pour bloquer les comptes de la fraude et de l’évasion fiscale qui lèsent les Etats et donc les citoyens pour disposer des moyens de la relance ? Des centaines de milliards seraient alors disponibles.

Allez, on voudrait y croire !


[1] L’Echo, édition du 12 décembre 2021.

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