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Réflexions sur la crise actuelle

Près d’un an et demi après avoir voté, il n’y a toujours pas de gouvernement. Le discrédit de la classe politique dans la population atteint des sommets inquiétants, lourds de menaces pour la démocratie.

Au moment des élections, la Belgique connaissait déjà une crise économique sociale et environnementale qui a entrainé la progression, en Wallonie et à Bruxelles, de partis se réclamant de l’écologie et de la gauche radicale.

Est survenue alors la pandémie du coronavirus. Un gouvernement en affaires courantes minoritaire a obtenu les pleins pouvoirs pour y faire face. On a pu alors mesurer les dégâts que des années de néolibéralisme ont fait dans les services publics et plus singulièrement dans le secteur des soins de santé. Certes, le personnel des hôpitaux a pu faire front au prix d’un grand courage. Il n’en fut pas de même dans les maisons de retraites, un secteur sacrifié, où de nombreuses personnes âgées ont succombé à la maladie et où le personnel a dû faire face sans moyens. La tragi-comédie des masques a démontré à la fois l’inconséquence des politiques d’austérité, les effets catastrophiques de la liquidation d’industries locales et notre hyper-dépendance de l’étranger pour répondre aux besoins urgents et vitaux de notre population. Le manque de clarté institutionnelle et le flou régnant sur les attributions et les responsabilités des différents niveaux de pouvoir n’ont pas aidé, contribuant encore un peu plus au discrédit du monde politique et, plus grave, des institutions démocratiques.

Aujourd’hui, les pouvoirs spéciaux touchent à leur fin. Irons-nous vers de nouvelles élections ou bien un accord relevant presque du miracle sera-t-il conclu ? L’inquiétude reste pleine et entière. Car n’oublions pas que le Président du PS, Paul Magnette n’avait pas hésité à engager sa formation dans une nouvelle réforme de l’État dont tout porte à croire qu’elle n’exclurait pas la scission de parts plus importantes encore de la sécurité sociale1. Cela au moment même où l’observation de la crise sanitaire amène certains à penser à la refédéralisation de certaines matières de santé. On peut s’interroger, au vu des  rapports de force réellement existants, si une refédéralisation maintenant serait d’une portée progressiste

Ce projet PS-NVA est, pour l’instant  -mais qui sait ?-, remisé au frigo institutionnel…

Il convient de rappeler que les Communistes de Wallonie et Bruxelles, tout au long de leur histoire et en fonction du marxisme vivant auquel ils se rattachent :

1) N’ont jamais refusé le principe de participation à un gouvernement dans le cadre du capitalisme et y ont même parfois participé pour répondre aux besoins sociaux. L’exemple (unique) reste la période 1944-1947 au cours de laquelle fut mise en place la sécurité sociale qui, pour la première fois, réalisait le principe de la contribution des nantis au bénéfice des masses laborieuses. On leur doit, plus particulièrement, un système de santé moderne et efficace par le ministre communiste Albert Marteau, système préservé jusqu’à ce que les politiques néolibérales entamées dans les années septante, et plus récemment celles menée par le gouvernement dirigé par Charles Michel (MR) avec comme ministre de l’économie, Sophie Wilmets (MR) et comme ministre de la santé Maggy De Block (Open VLD) ne le détricote.

2) Ne considèrent, dans la société capitaliste, l’Etat que sous les aspects de sa capacité à développer et à assurer des services aux citoyens dans une relation de proximité, d’universalité et selon des principes d’efficacité.

Ceci amène à considérer comme inquiétantes les manœuvres visant à sacrifier aux objectifs sociaux une éventuelle participation gouvernementale au nom de « sans nous, ce serait pire ». Il convient au contraire que se constituent des majorités progressistes, le modèle promus par la FGTB (PS-Ecolo-PTB) devant être rappelé. Ce qui implique aussi que ceux qui ont capitalisé les votes de protestation sociale en mai 2019 soient et, si nécessaire, deviennent, des forces de constitution et de négociation de telles majorités, puissants tant par une capacité de conception de compromis que portés par l’honneur du refus des compromissions.

Le pouvoir royal doit aussi être ramené à ses responsabilités. Le chef de l’Etat doit se souvenir qu’il est sensé l’être pour tous les Belges et que cela rend inadmissible son refus de recevoir un Parti démocratique- le PTB – qui représente près de 9% des électeurs et électrices au niveau fédéral (et beaucoup plus en Wallonie et à Bruxelles). D’autant plus que son programme, largement plus social-démocrate que léniniste, ne peut être mis en miroir des propos racistes et ségrégationnistes du Vlaamse Belang.

Avec ou sans gouvernement de plein exercice, les travailleurs, les allocataires sociaux risquent de faire les frais de mesures visant à d’approfondir encore davantage le fossé qui s’est creusé sous la houlette des gouvernements précédents. Les communistes de Wallonie-Bruxelles considèrent qu’il est urgent de préparer une riposte d’envergure à la hauteur des agressions nouvelles qui ne manqueront pas d’arriver. Ils opposeront la plus ferme énergie aux plans qui, au nom de la crise sanitaire, remettraient en cause les libertés publiques, les droits sociaux et la démocratie culturelle.

11 C’est déjà sous un gouvernement à participation PS (le dernier était même dirigé par Elio Di Rupo) que des parts de la sécurité sociale ont été régionalisées : politique des personnes âgées ; contrôle des chômeurs ; allocations familiales)

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